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Surmonter les « coûts de la non-Europe » dans les régions frontalières de l’UE

Euromontana a participé à un atelier axé sur les barrières et les potentiels de croissance et de développement dans les régions frontalières de l’UE. L’atelier a été organisé par l’Association des Etudes Régionales le mardi 10 octobre 2017 lors de la Semaine européenne des régions et des villes 2017. La principale question abordée durant l’atelier concernait pourquoi l’intégration des régions frontalières de l’UE constitue un défi pour les collectivités locales et régionales alors que le traité sur le fonctionnement de l’UE a défini la cohésion territoriale comme un objectif général européen visant à garantir la fourniture de services d’intérêt général à tous (santé, eau, transports, éducation – pour n’en citer que quelques-uns).

Les coûts de la non-Europe dans les zones frontalières

Les arguments économiques en faveur de la coopération transfrontalière ont été récemment prouvés dans une étude intitulée « Quantification des effets des obstacles juridiques et administratifs aux frontières dans les régions frontalières terrestres », menée par Politecnico di Milano pour la Commission Européenne. Selon l’étude, les frontières entravent le développement économique et l’inclusion sociale. L’étude a mesuré la croissance ratée, ou les « coûts de la non-Europe », en utilisant un modèle de croissance régionale basé sur les actifs et des données collectées pour l’Eurobaromètre 422. Les résultats parlent d’eux-mêmes : des pertes de €500 milliards en termes de PIB sont estimées pour 2013 (représentant 3% du PIB de l’UE) et dans les régions frontalières en particulier, les pertes représentent en réalité 9% du PIB. Près de 6 millions d’emplois sont perdus dans l’UE en raison d’obstacles juridiques et administratifs. Il n’y a pas de spécificité des États membres dans les résultats (pas de clivage Est / Ouest) mais les pertes les plus élevées sont mesurées dans le corridor entre la France et l’Allemagne (voir figure ci-contre – l’étude n’est pas en libre accès mais les résultats sont exploités dans le document de travail accompagnant la communication de la CE de 2017 intitulée « Stimuler la croissance et la cohésion dans les régions frontalières de l’UE »).

Identifier les défis et les obstacles dans les zones frontalières

En effet, Stefanie Dühr (Professeur de Systèmes Spatiaux Européens à l’Université Radboud de Nijmegen, Ecole de Management Nijmegen, aux Pays-Bas) a présenté les défis spécifiques auxquels les régions frontalières sont confrontées : changement démographique, diminution de l’attractivité en raison de la concentration urbaine, accessibilité pour traverser les montagnes ou grandes rivières qui constituent souvent la frontière, et bien sûr des asymétries dans la prestation de services et / ou la compatibilité des lois et des réglementations de part et d’autre des frontières et qui ne jouent pas toujours en faveur des habitants selon leur lieu de résidence et de travail.

Après la présidence luxembourgeoise du Conseil de l’UE (2e semestre 2015) et sa proposition de créer un nouvel outil juridique pour la coopération transfrontalière, un groupe de travail sur les solutions innovantes aux obstacles transfrontaliers a été mis en place par le Luxembourg et la France. Dans leur rapport final publié en août 2017, ils identifient les types d’obstacles suivants à la coopération transfrontalière (voir figure tirée de leur rapport ci-contre) :

  • Les coûts des services d’intérêt général (infrastructures de transport par exemple),
  • Les obstacles institutionnels (pour gérer le financement et les compétences transfrontaliers),
  • Les obstacles administratifs et juridiques.

Comment faire face à ces obstacles au niveau européen ?

Ces obstacles sont partiellement pris en compte au niveau européen : par exemple, les problèmes de coûts sont abordés par des soutiens financiers tels que les programmes transfrontaliers Interreg ou le soutien de la Banque européenne d’investissement (BEI) et les obstacles institutionnels sont abordés via les groupements européens de coopération territoriale (GECT).

Cependant, des lacunes importantes subsistent et, par-dessus tout, c’est le niveau local qui doit mettre en œuvre des solutions à ces problèmes. La Commission européenne a récemment publié en septembre 2017 une communication présentant ses 10 actions prévues pour stimuler la croissance et la cohésion dans les régions transfrontalières (pour en savoir plus, lire l’article d’Euromontana, en cliquant ici – uniquement pour les membres d’Euromontana).

Les outils mis en œuvre par la CE, tels que les programmes transfrontaliers Interreg ou les groupements européens de coopération territoriale, contribuent en partie à combler le fossé, mais les États membres conservent encore beaucoup de pouvoir en matière d’administration juridique. Incidemment, c’est l’obstacle le plus important identifié par les citoyens, comme l’a révélé la consultation publique en ligne « Surmonter les obstacles dans les régions frontalières » (voir la figure tirée du rapport de consultation ci-contre).

Conclusions

Les participants à l’atelier ont vivement discuté de la gouvernance à mettre en œuvre dans les zones transfrontalières afin de ne pas perdre leur potentiel économique et social. En effet, les pertes économiques proviendraient des surcoûts générés par l’utilisation sous-optimale des ressources dans les régions frontalières, selon l’étude menée par Politecnico di Milano pour la CE. La réflexion sera poursuivie au niveau européen pour trouver des mécanismes permettant aux régions frontalières de gérer conjointement l’aménagement du territoire et d’intégrer les intérêts nationaux au développement transfrontalier. Ceci est particulièrement important pour les zones de montagne qui constituent souvent des zones frontalières.

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27 octobre 2017

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17 hours ago

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📰𝗖𝗮𝗹𝗹 𝗳𝗼𝗿 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗻𝗼𝘄 𝗼𝗽𝗲𝗻 𝗳𝗼𝗿 𝗽𝗼𝘀𝘁𝗲𝗿𝘀 𝗮𝗻𝗱 𝗽𝗵𝗼𝘁𝗼𝘀 𝗮𝘁 𝘁𝗵𝗲 𝗘𝘂𝗿𝗼𝗽𝗲𝗮𝗻 𝗠𝗼𝘂𝗻𝘁𝗮𝗶𝗻 𝗖𝗼𝗻𝘃𝗲𝗻𝘁𝗶𝗼𝗻 𝟮𝟬𝟮𝟲!As part of the Convention exhibition area, 20 selected posters and professional photographs will showcase innovative practices and successful experiences from across Europe, helping to make knowledge on extensive #livestock in mountain areas accessible and engaging for all participants 🏔️ We invite researchers, local and regional authorities, NGOs, photographers...to submit their contributions🌄Practical information- Posters must be in English or French- Accepted formats: from A2 to A0- Both vertical and horizontal layouts are accepted- A maximum of 20 exhibition spots are available- Applications will be reviewed on a rolling basis🗓️ Deadline: 4 June 2026👉 Submit your poster or photo(s): docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfdxC19XdEZkR8zy4-q6Wh6UfX1GJYSFvPNFHE5G9aq85yIAA/viewform🔗 Check the guidelines for presenters on the Convention website: www.mountainconvention.eu#IYRP2026 ... See MoreSee Less
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2 weeks ago

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And that's a wrap for the first Euromontana Board of Directors meeting of the year 🇮🇹 Last week, the Board members examined the development of the network and reported on ongoing activities and plans for the coming months, as well as the network's advocacy priorities! 🏔️ The day also included a tour of the Università della Montagna premises, (who are kindly hosting the meetings) and meeting with Luca Masneri, the Mayor of the Commune of Edolo. We had the pleasure to hear presentations from B.I.M. del Sarca President, who act to safeguard the rights of mountain communities by providing compensation for the hydroelectric development of the River Sarca and its tributaries, as well as from CALRE (the Conference of European Regional Legislative Assemblies), presenting their annual priorities 💡 A lot of food for thought here, so stay tuned!👀 Curious about our governing bodies and ways of functioning? Have a look: www.euromontana.org/governing-bodies/ ... See MoreSee Less
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3 weeks ago

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🇮🇹 Live from Edolo were Euromontana's Board of Directors is gathering for its first meeting of the year!Yesterday, the group reached the 3,000 m to witness the impact of climate change on tourism and on the Presena glacier, explained by Consortia Pontedilegno-Tonale, and then learned about the alteration of the alpine ecosystem from Stelvio National Park and Adamello Regional Park🏔👉Fauna, flora and local communities are affected by the shorter period of snow cover, which disturbs the habitats and physiological clocks of species, as well as the availability of water, predation cycles and the cultural landscape. In the afternoon, the visits continued with the FerroMiners (Miniera Ferrominers), who are bridging the diversification of tourism activities in the valley through the revitalisation of historical iron mining sites⛏️A big thanks to our member Università della Montagna for the organisation 👏 ... See MoreSee Less
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